
J'ai l'impression que plus je bois de pu-er, plus je le dose généreusement. Je ne sais pas si c'est une phase ou non, ou si c'est du à ma curiosité d'aller vers les extrêmes, mais c'est une tendance plus qu'avérée.
Une petite théière de plus en plus remplie... De plus en plus d'infusions, elles-mêmes de plus en plus courtes... L'impression de boire quelque chose de plus fort, sans pour autant être plus brouillon. L'impression d'avoir « le nez dedans. » Un concentré de thé. Le bonheur.
J'apprécie surtout ainsi les shu cha. Ce que j'aime, c'est l'explosion à l'attaque, comme pour un bon thé vert japonais, quand on sent le liquide prendre place dans sa bouche avant de s'y adoucir, pour y laisser un agréable goût chocolaté ou autre, une fois celui-ci avalé.
J'augmente petit à petit, à chaque gong fu cha. Quand je redescends, par exemple à 3g pour un shu pour une théière de 12 cl, j'ai l'impression de passer à côté de quelque chose, puis rapidement de boire de l'eau chaude. Pour les sheng cha, c'est moins flagrant, surtout les très jeunes.
Hier, je me suis refait un petit bout d'une galette d'un sheng de la Fengqing Factory de 1998 (aka galette 36). D'habitude je la dosais généreusement à un peu plus de 4g. Là, j'ai mis un petit 3g et j'ai eu l'impression de m'être trompé de thé tellement je ne sentais plus ses côtés camphrés/réglisse que je lui avais trouvé avant. Pareil, j'ai goûté une fois la galette que l'on nomme "31" sur place (Monge) dosée à 2g, je n'ai pas ressenti ce que j'aimais, alors que je suis sûr que je l'aurais appréciée dosée plus généreusement, car j'ai bien aimé ses subtilités. Cela dit, je trouve la plupart des sheng très buvables à 3g. C'est aussi une histoire de longévité. J'aime faire durer mes gong fu cha sur deux jours. Cette qualité dans un thé me fascine toujours.
Alors est-ce que mon palais de néophyte a besoin d'arômes plus présentes pour les percevoir ?
Enfin, je m'interroge sur les limites de chacun. Je crois savoir que pour les wulongs, on peut se permettre d'être très généreux. Mais pour les pu-er, jusqu'où allez vous ? Je sais que tout cela est une affaire de goût personnel et du thé en particulier, aussi que des gens ne pèsent pas précisément, mais cela m'intéresse d'avoir des informations, histoire de jauger justement les différences personnelles et leurs extrêmes. Est-on tous plus ou moins uniforme sur le dosage ? Y a-t-il des thés que vous surdosez beaucoup plus que la normale ? Et pourquoi le faites-vous ?