vendredi 26 décembre 2014
Water - Act II
jeudi 30 mai 2013
3 théières pour un mini tuo cha
Je n'ai pas de théière attribuée aux puerh cuits. Ça ne m'empêche pas de dormir car j'en ai bu extrêmement peu ces dernières années. Mais cela va peut-être changer d'ici quelques semaines. Aussi, j'ai fait la tournée d'inspection parmi les théières qui servent peu, et j'en ai sélectionné trois que j'aimerais vraiment utiliser plus souvent. Mais voilà, il ne s'agit pas de jeter son dévolu sur une théière et de lui imposer un thé. C'est souvent la théière qui impose ses choix, bien contre mon gré la plupart du temps...
mercredi 8 septembre 2010
Série Wulong (2) : dosage max
Si le sujet vous intéresse, je vous suggère de lire les réflexions de Thomas sur son blog, le Jardin de Thé, qui a longuement étudié les différentes méthodes d'infusion, l'influence des temps et des dosages. Une aide fantastique pour tout amateur en quête d'expériences.
Éternel débat, le dosage... Mince, version yin... Tout à l'inverse, la théière quasi pleine de feuilles... Plusieurs écoles pour des rendus très différents. C'est en lisant les recommandations d'infusion sur le site de toki, the Mandarin's Tea Room, à l'heure où je m'intéresse à sa sélection, que je me suis dit qu'il fallait peut-être remettre en cause ou du moins porter une œil critique sur les dosages que je pratique dans la plupart des cas. Sa vision du dosage est reprise dans son blog, dans cet article par exemple. Ici on est dans une autre catégorie que ce qu'on côtoie en général, mais la philosophie qui se trouve derrière se tient, en plus d'être souvent pratiquée en Chine. J'ai trouvé intéressant d'essayer.
Cela a été pour moi l'occasion de tester certaines règles et limites, expériences toujours intéressantes. Je vais dans cet article rester assez général rappelant certains principes. Selon moi chaque thé est différent et on ne peut pas vraiment dire que tel type d'infusion est meilleur qu'un autre. Même deux thés du même nom mais de provenances différentes pourront appeler des méthodes sensiblement distinctes en fonction des goûts du dégustateur.
Ce dont je vais parler concerne essentiellement les wulongs, à la seule exception des wulongs frais, qui selon moi sont assez différents au niveau du traitement, du moins je n'ai jamais apprécié des dosages très généreux avec ces thés. Mais beaucoup de principes peuvent être élargis à d'autres familles de thé.
Commençons par quelques principes de base, tirés de mes diverses expériences et lectures.
Dosage / Temps :
Qui dit dosage dit temps d'infusion. Ces deux notions sont intimement liées, mais pas de façon linéaire. En effet, on n'obtiendra pas la même liqueur en dosant peu et en infusant longtemps qu'avec un dosage plus fort et une infusion plus courte. Avec le temps et la température, les substances aromatiques contenues dans les feuilles se dégageront de différentes manières.
Dosage faible : infusions "Yin"
Seuls les thés de bonne qualité supporteront qu'on baisse drastiquement le dosage pour des infusions allongées. Le résultat sera plus en subtilité et un mauvais thé ne pourra faire illusion, un peu comme avec l'emploi d'un zhong alors que la théière est parfois plus clémente.
Débutant et progression :
De manière générale, quand on débute dans le monde du thé, on dose léger, puis on augmente petit à petit. C'est en tout cas une tendance qu'on peut rencontrer - et un bon conseil selon moi pour la plupart des thés. J'avoue être pour le moment assez en phase avec cette affirmation, augmentant progressivement les doses, peut-être pour baisser plus tard.
Je me l'explique par le fait que le palais s'habitue petit à petit à ce qu'on classe peut-être un peu trop rapidement au départ sous l'étiquette d'amertume, disons une plus grande concentration de la liqueur, plus de relief. Quand je fais déguster un thé à des amis, je fais en général attention à ne pas le faire trop fort, moins que ce que j'aurais fait pour moi tout seul. Ce n'est pas toujours facile. Et malgré cela, je peux souvent lire sur leurs visages qu'ils trouvent cela amer alors que pour moi le thé n'est pas assez expressif. La conséquence est bien souvent la demande de sucre...
Avec le temps, on y est moins sensible, on discerne mieux. On en vient même à rechercher une certaine amertume pour gagner en longueur en bouche notamment. On apprend avec certains thés comme les très torréfiés ou les dan cong que l'important n'est pas forcément dans l'immédiat de la boisson, ie ce qu'on a en bouche, mais dans la longueur et l'évolution qui peut durer plusieurs minutes. Est-ce que pour autant cela demande des dosages forts ? Je ne pense pas. Mais c'est peut-être plus facile à discerner de cette façon tant que le palais n'est pas plus précis à l'analyse, ce qui demande du temps, je commence tout juste à m'en rendre compte.
"Doser fort coûte cher !"
Peut-être, mais j'ai toujours trouvé ça rentable. Déjà, plus on dose, plus on a d'infusions. Cela parait évident mais rappelons-le néanmoins. Si on n'a que peu de temps à consacrer à une dégustation, mieux vaut doser léger.
Si on prend par exemple un Wuyi Yan Cha, thé de rochers, la différence est pour moi assez flagrante. Dosez léger, genre 3-4g pour 10cl, et vous aurez trois belles infusions et vous en viendrez rapidement aux infusions longues et à la fin du gong fu cha, surtout en zhong car la perte de chaleur sur les infusions longues se fera ressentir sur l'extraction. Mettez à peine le double, 6-7g, et là vous n'allez pas compter tellement vous allez faire de tasses, beaucoup plus du double que dans l'exemple précédent. Tout cela pour un rendu différent, bien entendu. J'en dirais plus un jour dans un article dédié à cette famille (mais la chose est complexe et j'aimerais mieux les maitriser avant d'en parler plus.)
L'ivresse :
Une chose qui est remarquable quand on dose très fortement, c'est l'effet qu'a le thé sur son organisme. On peut devenir rapidement "teadrunk." Les effets se rapprochent de l'ivresse : perte de concentration, décontraction ou parfois l'inverse, sentiment d'être speed. C'est assez marrant à ressentir.
Je me souviens d'une discussion amusante à ce sujet avec Tim de Postcardteas, suite à la dégustation d'un vieux sheng vraiment très bon (stockage sec) qu'il nous avait offert et qui provoquait chez moi quelques suées. Ce genre de thé a quelques fois des effets similaires à ceux provoqués par un gros dosage sur un wulong. Il m'a dit un jour avoir du courir assez longtemps après un bus alors qu'il y était dans un état "d'ivresse" similaire. Un peu plus tard, quand il l'eut enfin rattrapé, il s'était aperçu qu'il était à peine essoufflé.
Les limites supérieures au dosage : taille du récipient
Il y a des limites aux dosages généreux. La première est la taille de l'instrument. C'est facile de s'en apercevoir avec un zhong : quand ce dernier déborde au bout de quelques infusions, c'est qu'on y a été trop fort. Un zhong juste bien bombé de feuilles pas trop tassées est quelque chose d'assez agréable à regarder je trouve. Moins rempli, c'est visuellement assez disgracieux. Trouver le bon dosage pour parvenir à un bon remplissage demande une bonne connaissance de chaque thé. Est-ce le but ? Je ne pense pas. Mais c'est un de mes petits plaisirs en tout cas.
Tout cela est plus délicat avec une théière. Trop de feuilles et celles-ci s'ouvrent mal et les arômes restent prisonniers. Il en va de même pour une théière dont la forme serait mal adaptée, comme par exemple une théière plate pour des oolongs roulés. Il convient de bien examiner les feuilles à la fin d'un gong fu cha pour vérifier leur bonne ouverture.
Les limites supérieures au dosage : temps minimum d'infusion
La seconde limite est le temps d'infusion. Trop doser demande un temps d'infusion très court pour les premières verses, trop court car même en faisant vite, on se retrouve facilement avec des infusions trop chargées, trop confuses où les arômes se mélangent de façon chaotique. Il convient donc d'être raisonnable pour ne pas perdre les premières infusions. Attention en particulier aux théières avec une verse très lente.
Il y a souvent débat sur le temps minimum d'infusion. Là s'opposent vraiment deux écoles : celle qui consiste à dire qu'il faut un minimum de temps pour que les feuilles délivrent leurs arômes afin qu'ils soient tous présents dans la tasse, et celle qui dit que si on met une quantité forte, tous les arômes sortiront mais les uns après les autres, au fil des infusions.
L'idée que certaines feuilles par exemple plus épaisses demandent plus de temps pour dégorger leurs arômes me semble logique. Mais l'idée qu'à force de les infuser, elles finiront tôt ou tard à se retrouver dans la tasse ne le semble pas moins.
A ce niveau là, c'est à chacun de faire des essais et de choisir son parti, chaque thé pouvant appeler une méthode différente. Personnellement, ce débat est encore un peu trop "haut niveau" pour moi.
Toujours est-il qu'on peut selon moi augmenter le dosage jusqu'aux limites de ces règles.
Alors, comment doit-on doser ?
Comme on veut bien évidemment. Comme toujours, on fera en fonction de ses goûts. Mais même si faire des compromis est bien, je pense que d'essayer la méthode hard et côtoyer les extrêmes sera presque toujours une expérience positive. Attention, je rappelle qu'on parle ici de wulong moyennement à fortement torréfiés. N'essayez pas 10g de puerh sheng de 2010 dans un zhong de 10cl ou alors prévoyez l'extincteur !
Typiquement, un thé qui ne vous enchante pas des masses pourra être le cobaye idéal à un dosage de barbare, ou un fond de paquet que vous ne voulez pas diviser. J'ai récemment acheté un Wuyi Yan Cha à la maison des 3 thés, pourtant assez cher, qui ne m'a vraiment pas emballé (comme quoi tout arrive.) J'ai tout essayé : zhong, théières, dosage faible/temps longs, dosage important/temps courts, rien n'y fait. J'ai finalement essayé la méthode barbare : 10g/12cl dans ma Yixing Yu Zhu. Même si ça n'a pas fait des miracles, ça a donné de loin le meilleur résultat.
Je pense que les thés de rochers s'en tirent bien ainsi, mais attention à ne pas en faire une règle générale non plus, car certains passent mieux en dosant plus légèrement. Toujours est-il que je n'ai que rarement regretté un dosage "osé" sur cette famille et il est à présent rare que je passe sous la barre des 1/2 en ratio masse de feuilles/volume disponible. Et je suis plus facilement largement au dessus. À noter que je trouve que de gros dosages passent mieux en théière qu'en zhong, une bonne terre permettant sûrement d'organiser les saveurs.
Je suis trop jeune encore avec les Dan Congs pour en parler sereinement, mais jusqu'à présent, mes infusions avec un dosage généreux pour un temps assez court ont toujours été mes préférées par rapport à l'usage un dosage plus faible et des temps rallongés.
Dernière observation : plus la torréfaction est importante, plus pousser le dosage semble bénéfique. Je précise que je parle bien de torréfaction et non d'oxydation.
Voici donc pour cette article, plus une réflexion sur des observations et des lectures que de véritables conseils. Aller côtoyer les extrêmes permet de découvrir autre chose, une texture, un relief, des notes nouvelles. Qu'on les aime ou non, on apprend à mieux écouter son thé et on tire des conclusions, on a moins peur des limites par la suite. On progresse. Mais cela demande tout de même une certaine tolérance et habitude avec les liqueurs concentrées.

N'hésitez pas à partager ici vos expériences. À bientôt.
PS : encore de la poterie japonaise en illustration de cet article, et plus spécialement une tasse signée Yoshiko Yamane. Cette femme, héritière de deux "générations" de céramistes vient de la préfecture de Tottori, région de mon ami Hidehisa de Magokorodo. La désignation complète de cette pièce est : Kazuwa-yaki Shinsha-yû Guinomi Sake cup. Sa couleur rouge provient de l'emploi de cuivre à la cuisson. Cette technique est réputée difficile et la moitié des pièces produites sont ensuite détruites faute d'obtenir le résultat escompté. Malgré l'aspect très brillant de cette tasse, on peut voir de larges fissures à l'intérieur qui pour moi ajoutent beaucoup à l'esthétique de la pièce. J'aime l'utiliser pour les dong ding. Leur couleur jaune-vert se marie bien avec, comme j'ai essayé de la montrer ici.
jeudi 12 août 2010
Le doute
Et si j'étais en train de passer totalement à côté de ce qu'avait voulu dire la personne qui a confectionné ce thé, torréfié ces feuilles ? Si j'infusais court, trop court pour faire ressortir la vraie essence de ce thé ? Et si au contraire, j'étais en train de l'étouffer par un temps et/ou un dosage trop important ?
Pas facile d'effacer de tels doutes. Rares sont ceux ayant la chance d'avoir un maître de thé pour les guider. Nous avons quelque fois accès à l'expérience de certaines personnes partageant leur passion sur la toile. Mais il nous faut surtout compter sur la pratique et la curiosité pour avancer. Cela demande du temps. Il faut l'accepter.
On adoptera plutôt une approche scientifique, armé d'instruments en tout genre : balance ultra précise, chronomètre, papier et crayon, ou une approche plus calme laissant place à la seule pratique, souvent juste aidée d'un bon pifomètre. J'avoue avoir été longtemps de la première école, opérant par dichotomie, établissant des règles empiriques pour se rassurer.
On découvre alors qu'on préfère tel thé comme ceci, plutôt que comme cela. Mais pour combien de temps cela sera-t-il vrai ?
La lecture d'une petite histoire m'a fait réfléchir dernièrement. Il s'agit de celle d'un élève apprenant la cérémonie du thé au Japon qui demande à son maitre : "vous dites que telle manière de procéder est la bonne, or, lors d'un voyage, j'ai rencontré un autre maitre qui m'a dit de faire plutôt comme cela." Et son maître de répondre : "quelque soit le maître qui enseigne, il a raison sur le moment." Cela m'a d'abord semblé étrange, en particulier pour une cérémonie aussi codifiée que le chanoyu. Mais la réponse est plus fine qu'il n'y parait.
Bien plus loin dans ma réflexion, je me suis dit : si je prends un thé précis, qu'après moult expériences je dis que la meilleure façon possible (pour moi) de l'infuser est dans tel instrument, en mettant tant de feuilles pendant tant de temps à une température donnée, quelle chance y aura-t-il pour que ce soit toujours vrai dans 2 ans ?
Déjà, les thés que nous buvons n'étant pas des blends, je ne retrouverai jamais exactement le même. On est pas chez Lipton. Si j'en conserve tout ce temps, il changera de façon certaine. Avec l'expérience de tout ce qu'aura pu rencontrer mon palais en deux ans, mes sensations seront différentes, ainsi que mes envies. Enfin, sauf dans le cas du zhong, la théière aussi aura changé, son rendu affecté par les infusions passées. Alors à quoi bon se casser la tête ?
J'ai souvent l'impression - ou plutôt peur - de passer mon temps à courir après mes thés, me disant qu'il y a moyen de s'améliorer, de tirer plus profit de la feuille. A quoi bon chercher à tout prix la bonne, que dis-je, la meilleure manière d'infuser son thé si celle-ci est sujette à bouger dans le temps ?
Alors que cette réflexion pourrait donner envie de s'arracher les cheveux, elle peut aussi rendre les choses incroyablement simples !
Si on part du principe que tout évolue de la sorte, alors la recherche de paramètres précis est futile, car peut être que de s'enfermer dans ceux-ci sous prétexte que cela a fonctionné avant aura pour conséquences de passer à côté de son thé à un nouvel instant "t."
Une "simple" dégustation avec des paramètres au jugé n'apportera alors rien de moins, mais ajoutera au plaisir de se passer du doute d'avoir mis 3 grammes plutôt que 4, d'avoir infusé 1'27" à la place de 1'13" et des folles conséquences néfastes que cela pourrait avoir. On tirera alors simplement des enseignements de ce que l'on voit, sent, sur le moment. Plutôt que de se demander ce qu'aurait donner une autre façon, on appréciera simplement ce qu'on a.
Tout cela pour dire que mes réflexions récentes m'ont fait prendre un nouveau virage dans ma voie du thé. J'ai décidé de lever le pied sur les expériences et comparaisons à outrance. Plus de balance, plus de chrono. Place au feeling ! Trop de tasses gâchées car le doute a fait s'évaporer le plaisir unique du moment. Qu'importe si ma tasse n'est pas la meilleure. Elle sera dorénavant le fruit de l'instant présent, belle dans son unicité et son côté incontrôlable. Et je doute qu'elle soit exempte d'enseignement.
À bientôt !
PS : Cet article est illustré de photos de ma nouvelle théière. Il s'agit d'une Yixing qui appartenait à Nada avant qu'il ne décide de s'en séparer. Hong Ni. 70's. 90ml. Yixing Factory #1. Parois fines. C'est « la dernière avant un moment, » comme aurait dit Philippe de la Galette de Thé. Son blog à présent disparu, je tenais à lui dédier ces photos, trop petit hommage aux longs moments de rêveries passés à contempler sa collection, et à lire tout le reste...
mardi 25 mai 2010
Quelques nouvelles

Je n'arrive pas à boucler un billet en ce moment. J'en ai pourtant pas mal d'écrits mais non illustrés et, à l'inverse, quantité de photos sans texte qui s'y rapporte. Voilà des mois que je réfléchis avec un ami sur une nouvelle présentation de blog, mais je ne cesse de changer d'avis tous les quatre matins. Enfin, toujours des travaux, et ce pour les mois à venir. Bref, je me sens comme dans une période de transition.
Cela dit, j'ai tout de même quelques trucs à raconter. Faute de temps à pouvoir consacrer à un billet mieux construit, voici quelques idées en vrac, en écho à mon billet précédent.
Sur le front du pu-er, je démocratise l'usage du zhong pour les sheng, sachant que je n'en ai pas de très vieux. Ce n'est pas ce que je bois le plus pour le moment de toute façon, mais une commande en cours va changer les choses...
Du coup, ma Yixing ancienne travaille pour le moment sur les rochers et s'en sort à merveille. Les Shu cha eux ne changent pas de récipient. C'est un fait : je les aime de moins en moins en zhong.

LA nouveauté est l'arrivée d'une nouvelle théière : une Watanabe Tozo provenant du nouvel arrivage d'Akira Hojo. Vous pourrez l'apercevoir sur des photos de ce billet mais je lui consacrerai un moment spécial. Je ne me prononce pas trop pour le moment. Elle est en phase de rodage et moi aussi car je n'ai jamais infusé avec une théière aussi "grande" (17cl) et ça demande quelques réglages niveau dosage/temps. Elle me servira a priori pour les Gao Shan Cha, du moins c'est là-dessus que je travaille avec elle. Petit spoiler : c'est extra.

Bonne surprise née d'un essai impromptu : je fais beaucoup de Dan Cong dans ma Yang Wen Ji et je suis très satisfait du résultat. Les fleuris et surtout les fruités ressortent de façon très classe. De plus, sa taille se prête bien à ces thés assez onéreux en général, même si sa forme conviendrait mieux à des thés roulés que plats. Je vais l'y laisser quelques temps. Les miellés vont faire la tête mais le zhong leur va à ravir pour l'instant.
En effet, les miellés sont bons quelque soit la durée d'infusion choisie. Le rendu sera différent mais toujours intéressant. Je citerai le Mi Xiang Wulong et le Wuyi de Taïwan, deux références superbes de la maison des 3 thés, habilement recommandées par lionel.
Enfin, je teste en ce moment les wulong roulés très torréfiés : Tie Guan Yin de Stéphane et le numéro 2 de la maison des 3 thés. Ma préférence va au premier mais les deux sont bons. Pas facile cependant de percer le secret de ces thés. Pour le moment, je n'ai réussi qu'en zhong avec des temps très longs, mais je suis en train de faire des tests en zisha qui me conduiront je l'espère à une meilleure compréhension.

Cette année, pas de shincha japonais. Tout d'abord, j'ai trop à faire avec les thés que j'ai ramené l'hiver dernier du Japon et ensuite je vais consacrer ce printemps aux Wulong frais et plus spécialement aux Baozhong de Wenshan. J'attends à ce sujet impatiemment une commande de Stéphane.
Voilà pour les dernières. J'aurai pas mal de nouvelles dans les prochaines semaines. En attendant, portez-vous bien !
À bientôt.
dimanche 2 mai 2010
Choix de l'ustensile pour les Wulong

Voici un sujet qui m'intéresse. Il existe de nombreuses catégories de wulong, chacune d'entre elles ayant ses particularités propres. Les rendus peuvent être radicalement différents suivant la méthode d'infusion choisie : dosage, ustensile, température.
Je ne cesse de me dire qu'il n'y a pas de règle, de goût unique obtenu grâce à une formule précise de paramètres à réunir. Que cela dépend du choix esthétique voulu à un instant "t" conditionnant la méthode à employer. Mais, pas plus tard qu'hier, en ressayant différemment un thé que je n'avais jamais saisi et relégué dans une catégorie "bof bof" j'ai réussi à obtenir une liqueur extraordinaire. Il y a donc quelques règles de base pour chaque thé qu'il vaut mieux saisir à mon sens, tout du moins pour trouver quelque chose plaisant à ses propres papilles.
Je vais lister quelques catégories de wulong histoire de commenter mes impressions. N'hésitez pas à apporter votre expérience personnelle. Cela m'intéresse grandement.

Wuyi Yancha (thé de rochers) :
Pas mal de choses très différentes peuvent être lues/entendues sur la manière d'infuser ces thés. Il me semble que là où il est conçu, il est bu en zhong avec un grosse quantité de feuilles et des temps très courts et de l'eau bouillante.
Les bloggers français utilisent souvent des terres dures en zhuni alors qu'à l'étranger on voit beaucoup de passionnés utilisant une terre plus souple, zisha. Afin d'essayer de voir la différence, je me suis acheté une petite théière en terre pourpre pour voir, faire des essais.
Dès lors, je pense qu'il convient de faire la distinction entre les wuyi yancha peu torréfiés et ceux qui le sont beaucoup. Pour les premiers, l'emploi d'une zhuni me plait beaucoup, avec un bon ratio de feuilles (contenance en cl divisée par deux en grammes) et des temps courts sur les premières infusions (20-30 secondes) puis franchement longs dès qu'apparait l'aspect minéral, habituellement autour de la 3ème ou 4ème infusion. J'aime aussi les préparer en zhong,quand j'ai envie de titiller mes papilles, que la liqueur soit moins ronde, moins "gentille." En ce qui me concerne, c'est donc soit ma vieille Yixing (Yu Zhu) soit le gaïwan (modèle évasé pour accueillir les grandes feuilles de ce thé.)
Je ne tiens en général pas trop aux thés de rochers très torréfiés. L'aspect "café dilué" me gène, étant plutôt fan du ristretto en général. Cela dit avec une théière en zisha, ce n'est pas pareil. Cet aspect est partiellement gommé pour se concentrer sur le fruit. Je dois cependant avouer que philosophiquement, savoir qu'un aspect du thé est effacé me gêne. À quoi bon acheter un thé si c'est pour ne pas l'écouter en entier ?
Je pense que cette terre peut cependant être une bonne chose pour faire passer des thés qui ont des défauts, principalement ceux dont la torréfaction n'a pas été bien maitrisée, ce qui n'est pas le cas avec les wuyi yancha (et autres thés) que je fréquente en général. Mais j'ai encore de nombreux tests à faire dans cette voie.

Dan Cong :
Je me projette des fois dans quelques années et bizarrement je me vois souvent ne plus boire beaucoup de pu-er mais beaucoup de wulong frais et de Dan Cong. Quel régal ! Ils ont tout pour plaire : des parfums enivrants, des saveurs variées et intenses, une excellente longévité. Seul hic : une certaine difficulté de préparation. Je ne fais qu'aborder cette famille mais je sens qu'on va très bien s'entendre et ce pour longtemps.
Je prépare exclusivement mes Dan Cong en zhong, mon modèle évasé pour que les feuilles s'ouvrent sans trop de contraintes. En général, c'est assez linéaire : 4 grammes pour 10 cl. Doser moins (en poussant plus) est souvent source de déception pour ma part. Je n'ai jamais essayé de mettre plus de feuilles. Je commence court (15-20 secondes) et me laisse porter par les parfums retenus par le couvercle du zhong. Je ne pousse pas plus que cela, essentiellement car je n'ai quasiment que des Dan Cong floraux et que je trouve que la liqueur concentrée provoque un mélange qui brouille les notes légères. Ce n'est pas pareil avec ceux plus fruités.
J'ai essayé l'autre jour une théière dédiée à la maison des 3 thés : Lin Guo Xian, que certains connaissent bien. Le test a été fait avec un Bayé Dan Cong 2, à la fois riche et pas trop cher. Le résultat était éblouissant. J'ai quelque fois essayé des Dan Cong en théière et il ressortait toujours un goût "cuit" qui gâchait tout. Ici, c'est clair, limpide, rond, aromatiquement très précis, magnifiquement "orchestré" pour reprendre un terme utilisé par l'auteur de Blackteapot. La longueur en bouche est bonne, le thé en ressort grandi. Et on peut pousser sans brouillage des arômes. Certaines notes passent certainement à la trappe, mais ce n'a m'a pas paru évident à la dégustation. Je vais retenter un jour avec un Dan Cong fleuri, on verra bien. Mais j'ai été bluffé...
Je reviendrai à ce moment là sur cette famille.

Wulong frais non ou très légèrement torréfiés, de haute montagne ou Baozhong de Wenshan :
Pour ces thés, je n'ai pas encore côtoyé de théière qui arrive à la cheville d'un zhong. Cela existe sûrement. Je l'imagine en terre dure, parois très fines, avec une forme en hauteur, d'une taille plutôt confortable... et très chère. J'aime ces thés pour leurs parfums enivrants, leur aspect aérien. J'ai conscience que c'est un choix esthétique personnel. Beaucoup d'ailleurs boivent ces thés en théière avec le plus grand bonheur. Pour moi, c'est le zhong. J'essaierai quand même régulièrement en théière pour voir. Récemment, j'ai refait des essais en Yang Wen Ji et mon kyusu de Shimizu Ken. Je préfère toujours la porcelaine.

Wulong dits miellés, légèrement à moyennement torréfiés, Qizhong Oolong :
Ce sont mes chouchous du moment. Et pourtant, je n'arrive pas à me fixer sur une méthode de préparation en théière, plus particulièrement avec ma Yang Wen Ji où il faut que j'ajuste mes paramètres, les résultats étant encore trop inégaux. Mais ça ne saurait tarder. En attendant, 4 grammes en zhong font toujours l'affaire. Pas de chronomètre. En ce moment, je le fuis. Je pousse les infusions assez loin, les parfums du couvercle du zhong et surtout la couleur de la liqueur me servant de repère. J'aime les oublier. Un bon miellé sera toujours bon quelque soit le temps d'infusion. Un baozhong torréfié (Qizhong Oolong) offrira une belle évolution, d'une verse à l'autre. Là, c'est vraiment du miel plein la bouche.
À suivre donc pour ceux là.

Wulong très torréfiés :
Je n'ai pas encore énormément de thés de cette famille, mais je vais en rechercher. Ma référence est le Tie Guan Yin torréfié de Stéphane. C'est ce thé que j'évoquais en introduction en tant que révélation. Il va encore me falloir pas mal d'expérience pour me prononcer. Je soulignerais juste que mon essai en zhong a été extraordinaire avec ce thé (4gr/10cl.) Les feuilles sèches dans le gaïwan chaud sentent la banane et les infusions poussées sont très riches aromatiquement. Mes essais en théière ne m'avaient pas autant enthousiasmé mais j'avais peut être mal dosé les feuilles. À voir...

Un mot sur les wulong très oxydés, Oriental Beauty :
Pour les Oriental Beauty, je les aime à la fois en infusions longues en grande théière qu'en gong fu cha. Je trouve que la Yang Wen Ji leur sied particulièrement bien : en infusions moyennement poussées, cette théière leur ôte ce côté un peu écœurant qui peut parfois ressortir.



Voilà où j'en suis. Je ne doute pas que mes pratiques vont changer. Mais c'est aussi bien de fixer mes opinions du moment afin de pouvoir revenir dessus dans quelques temps, avec plus d'expérience. N'hésitez pas à livrer vos impressions et vos méthodes personnelles.
À bientôt !

PS : Ce billet est illustré par des clichés pris lors d'une dégustation d'un Shan Lin Shi de chez Stéphane datant du printemps 2009. Venant de passer commande de la version 2010, je le revisite en ce moment pour apprécier la différence quand il arrivera.
Ici, je l'ai tenté pour la première fois dans mon kyusu. Le résultat n'était pas optimal : la terre a comme bu certaines saveurs. Je réessaierai néanmoins avec des baozhong : rempli à moitié, la forme se prêtera mieux à leurs feuilles plates qu'à celles roulées.




















