Quid de la saison ? On dit que le printemps se prête plus au vert et l'hiver plus à ce qui est fermenté et/ou torréfié. Comme le thé vert du matin, c'est quelque chose que je ressens assez naturellement. Mais à présent, grâce à la mise sous vide par exemple, nous ne sommes plus obligés d'être autant rythmés par les saisons. On peut profiter de thés verts hypers frais ou de darjeeling de printemps encore intacts en plein décembre. Et j'avoue que, plus que tout, j'aime avoir l'embarras du choix et ne pas être limité à ce qui est normalement de saison (pour le thé). Je dirais donc que ce paramètre influe assez peu sur mon choix au final.
lundi 23 novembre 2015
Les choix préalables à la dégustation
Quid de la saison ? On dit que le printemps se prête plus au vert et l'hiver plus à ce qui est fermenté et/ou torréfié. Comme le thé vert du matin, c'est quelque chose que je ressens assez naturellement. Mais à présent, grâce à la mise sous vide par exemple, nous ne sommes plus obligés d'être autant rythmés par les saisons. On peut profiter de thés verts hypers frais ou de darjeeling de printemps encore intacts en plein décembre. Et j'avoue que, plus que tout, j'aime avoir l'embarras du choix et ne pas être limité à ce qui est normalement de saison (pour le thé). Je dirais donc que ce paramètre influe assez peu sur mon choix au final.
jeudi 14 avril 2011
Ba Xian de Hojo Tea
Troisième infusion : 1 minute : j'ai l'impression d'avoir de la pêche blanche en bouche et qu'elle se transforme aussitôt en mangue. C'est surnaturel. La texture de ce thé n'est pas très marquée. Mais franchement, les saveurs sont tellement extraordinaires que je m'en fiche éperdument ! Ce qui est incroyable, c'est que l'aftertaste démarre aussi sec. Quel régal, c'est ahurissant.
À partir de là, j'ai arrêté de regarder l'horloge pour le reste de la session et ai infusé "au pif." S'est arrêtée également la prise de note. Je l'ai fini plus simplement, en l'appréciant sans le disséquer, sans mot.
mercredi 9 février 2011
Mi Di Raw Puerh de Hojo's Tea
Il s'agit d'un puerh du printemps 2010. L'aspect des feuilles ne donne pas d'indice particulier, pas d'odeur remarquable, elles sont juste un peu foncées et pas d'un vert claquant comme on aurait pu l'attendre d'un puerh si jeune.
Dans le zhong chaud, les choses se confirment : j'aurais surement parié à l'aveugle qu'il s'agissait d'un puerh de 2 ou 3 ans. Mais ce n'est pas un puerh très avancé non plus.
Quelques secondes de rinçage, des odeurs très fruitées se dégagent.
J'infuse ce thé en mode Yin, ie peu de feuilles pour des infusions allongées. Ici, j'ai utilisé 3g dans mon grand zhong qui doit faire 12cl utiles (15cl à raz bord.) J'infuse de plus en plus mes jeunes sheng ainsi. Je trouve que les grandes quantité de feuilles ne leur vont pas dans la majorité des cas.
La première infusion, au jugé, essentiellement à la couleur, a duré 45 secondes. Elle est superbe : pure, fruitée, avec une excellente longueur. J'ai l'impression de boire un alcool mais sans l'éthanol. Je ne sais pas trop lequel. Le fruit auquel me fait penser ce puerh m'est connu mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Pruneau ? Peut être bien oui, comme un armagnac sans l'alcool. Mais il cache encore d'autres choses.
La liqueur n'est pas excessivement sucrée. Une petite astringence vient remplacer le fruit sur la fin. Les saveurs ont bien tenu 2 min en bouche. Ce n'est pas un dan cong, mais je reconnais là les critères de sélection d'Akira : une excellente longueur. À noter que ceci est son haut-de-gamme de puerh, à un prix quand même assez élevé de 21€ les 50g. Le tout est de savoir s'il les vaut.
Depuis que j'ai écrit ces lignes, Akira propose un nouveau puerh plus haut-de-gamme encore : un Bu Lang.
Deuxième infusion : 1 min : liqueur un peu plus foncée, plus orange que jaune. Même impression, celle de boire une gnôle de qualité mais sans l'éthanol. C'est liquoreux, riche, sucré sans excès. Il y a un aspect "fumé." Je m'en rends compte car je le rapproche instinctivement depuis le début à ma superbe galette de Lin Cang 2006 de Stéphane, et peut-être aussi de la TH240 de Terre de Chine.
Tout mon système ORL est maintenant imprégné de ce thé, ma salive en a le goût, je le respire. Peu astringente, cette infusion est tout aussi remarquable que la première. Je suis content de l'avoir faite Yin. Je pense qu'il y aurait eu superposition des saveurs dans le cas contraire, tellement ce puerh est riche. L'approche est bonne.
Troisième infusion : 1 min 30 sec. Une couleur toujours aussi foncée qui me fait me demander si je n'ai pas trop poussé. En tout cas, voilà encore un bon point pour ce thé : une infusion Yin conduit en général à peu d'infusions, les temps devant être allongés rapidement. Ici, à la couleur de la 3ème, je trouve ça très prometteur pour la suite. Peut-être trop forte justement. La bouche est plus muette, par contre la longueur est plus fruitée. L'aspect fumé tend à disparaître peu à peu.
Quatrième infusion : 1min 30 sec : on va en avoir le cœur net ! Résultat : une liqueur à peine plus pâle mais plus terne arômatiquement. La couleur est un bon indicateur, mais ne fait pas tout... Pas si simple le puerh... Infusion pas inintéressante, mais pas autant que les autres.
Cinquième infusion : 2 min 30 sec : on revient plus franchement vers le fruit. Ce thé est toujours d'une incroyable douceur. À noter que j'utilise (toujours) de l'eau de source faiblement minéralisée et également une bouilloire de qualité, avec une chauffe lente pour l'amener à ébullition.
La dernière infusion documentée ici sera la 6ème, non que ce soit la dernière que j'obtiendrai de ce thé. Il infusera encore de longues heures, notamment cette nuit. 5 min pour cette 6ème infusion. Il aurait été prématuré de croire ce puerh mort. Le concentré de fruit de la tasse est là pour le prouver. Certes on atteint pas la longueur en bouche des premières infusions, mais la texture et les saveurs sont très intéressantes.
De plus, comme je l'ai évoqué dans ma dégustation précédente, je me demande si avec les thés qui ont une grande longueur, la bouche ne sature pas après quelques tasses. L'astringence vient inhiber quelques glandes gustatives et on sent moins de choses. Est-ce pour autant qu'il faut rejeter l'astringence et trouver des moyens de l'ôter de la tasse (eau plus fraiche, théière) ? Non, je ne pense vraiment pas. Elle est une telle alliée pour la longueur et l'évolution des saveurs que je pense qu'il faut plutôt la chérir et l'apprivoiser. Bien entendu, trop c'est trop. J'en ai fait les frais sur un ou deux dan cong cet hiver.
EDIT : 7ème infusion : 3h : véritable jus de fruit. Excellent.
Que vais-je faire de différent la prochaine fois avec ce thé ? Pousser plus visiblement à partir de la 3ème. Définitivement rester en mode Yin.
À bientôt !
mercredi 14 juillet 2010
Série Wulong (1) : forte torréfaction et porcelaine


J'ai mis du temps à apprécier ces wulong, faute de préparation appropriée. Ces thés très travaillés, à 100% ou pas loin pour ceux dont on va parler aujourd'hui, ne me rendaient auparavant que des notes de torréfaction diluées, que je n'apprécie pas vraiment. Le café anglo-saxon, très peu pour moi !
J'ai souvent lu que le mieux était d'utiliser une glaise pourpre, zisha, souple et poreuse, pour arrondir les angles de ces thés. Je me suis acheté une telle théière et fait des tests. Le résultat ne m'a pas convenu. Efficace pour lisser certaines aspérités, ce "filtre" n'est cependant pas réglable et cela se fait aux dépends de détails et de certaines notes, ce qui me dérange ne serait-ce que philosophiquement : j'ai peur de passer à côté de plein de choses. Je ne prétends pas cependant que cette terre soit mauvaise. Je ne lui ai pas encore trouvé de domaine de prédilection. J'y reviendrai. Il est en effet toujours intéressant de pouvoir essayer un nouveau thé dans une telle théière.
Ensuite, j'ai essayé d'autres méthodes d'infusion, sans que rien ne me convienne vraiment. Ce que j'ai trouvé de mieux au bout du compte : le zhong. Comme quoi des fois il ne faut pas chercher bien loin... Comme d'habitude, les avantages de cet instrument sont multiples : on peut surveiller la liqueur, sa couleur, son odeur. Mais j'ai trouvé qu'en plus, ces wulong très torréfiés réagissaient particulièrement bien à la porcelaine. Ces thés déjà ronds n'ont rien à redouter de cet instrument qui accentue des fois les angles de certains thés trop fougueux. Les parfums sont rendus de façon très précise et quand on a sous la main un thé à la torréfaction très bien maitrisée, c'est un vrai bonheur.
Voici les détails de la préparation type que j'effectue pour ces thés :
Un dosage généraux, 4-5 grammes pour un zhong de 10cl. J'ai trouvé qu'il fallait mieux être généreux, pour éviter l'effet "café dilué" évoqué plus haut. Le dosage est actuellement au centre de mes réflexions. Je développerai plus dans un prochain billet.
J'utilise mon zhong de Terre de Chine pour ces thés, car c'est celui que je possède qui a les parois les plus épaisses et qui est donc susceptible de conserver au mieux la chaleur. Il faut si possible qu'il reste toujours chaud. De plus, les wulong supportent assez mal les interruptions d'après mon expérience, aussi il ne vaut mieux pas que le matériel refroidisse, ou alors il faut le repréchauffer. Je ne le fais que pour le zhong par contre et pas pour la cruche ni les tasses. J'aime boire mon thé à une température pas trop élevée, mon palais étant sensible à la chaleur, et je dois avouer qu'il m'arrive même de transvaser mon thé d'une tasse à une autre afin de le faire refroidir plus rapidement. Je perds peut-être des choses ce faisant, mais mes papilles sont plus précises à température plus faible.
Il faut donc bien préchauffer son zhong à l'eau bouillante. L'un des meilleurs moments de ces thés sera de sentir l'odeur des feuilles sèches dans un zhong brulant, mais je vous conseille de faire de même quelque soit la variété que vous infusez, en zhong ou en théière, dont la forme influera sur le ressenti. Un rinçage rapide (avec l'eau utilisée pour préchauffer le zhong par exemple pour pas gâcher) et on est parti !
Petite parenthèse sur le rinçage : autant avant j'avais tendance à rincer tout mes thés (sauf les verts,) autant à présent je ne le fais que sur les thés fermentés (et donc les puerh.)
J'utilise une eau à température maximum. J'attends juste qu'elle se soit calmée après ébullition. J'effectue la première verse avec virulence, pour faire tourner les feuilles afin qu'elles s'ouvrent mieux. Les autres seront faites délicatement pour ne pas brusquer les feuilles ouvertes, surtout au début.
Pour la durée d'infusion, je n'utilise plus qu'un seul principe avec le zhong : je soulève le couvercle et arrête quand ce que je sens me plait. Je trouve que le couvercle est plus précis qu'une tasse à sentir et je me dis que cette méthode doit former mon nez à être plus précis. La couleur est aussi une bonne indication quand on connait bien le thé qu'on infuse.
Cela fait également partie de mes résolutions récentes d'essayer - à terme - de me passer de deux de mes accessoires : chronomètre et balance. Pour cette dernière, je m'amuse à essayer de doser mon thé au jugé dans une petite coupelle et pèse le résultat pour voir si je suis loin du poids escompté. Avec un peu d'entrainement, je devrais pouvoir m'en passer sous peu ! Restera le thermomètre. Chaque chose en son temps...
En gros, concernant mes temps d'infusion, cela dépendra vraiment des goûts. Même une liqueur très dense et forte aura un intérêt en la persistance et l'évolution en bouche. Mais il est intéressant de jouer avec ce paramètre et de faire la corrélation entre ce qu'on sent sous le couvercle et ce qu'on trouve en bouche.
Enfin, ces thés se prêtent magnifiquement aux infusions longues. Plusieurs heures, une nuit, tant qu'il y a de la matière à extraire, j'infuse !
Il faut à présent que j'élargisse ma gamme de cette famille de thé. J'en ai repéré quelques uns chez Essence of Tea qui devrait en recevoir de nouveaux la semaine prochaine. Pour le moment, j'ai le Tie Guan Yin torréfié de Stéphane, celui avec qui tout a commencé : sublime. À prix à peu près équivalent, le Tie Guan Yin 2 de Taïwan de la maison des 3 thés ne tient pas la distance. J'aime bien le Qizhong Oolong de Stéphane (Baozhong torréfié) mais je ne sais pas s'il est si torréfié que les autres dont je parle ici. N'hésitez pas à me donner vos impressions sur d'autres produits, je commence juste.
Ces wulong torréfiés sont vraiment des thés spéciaux qu'il convient de bien préparer. Je ne dis pas que ma méthode est la meilleure. J'en changerai peut-être plus tard, mais pour l'instant elle me satisfait.
L'intérêt de ces thés réside dans leur longueur en bouche et leur évolution qui peut durer plusieurs minutes.
J'ai encore un long parcours à faire pour comprendre bien ces thés. J'y reviendrai sûrement. Mais je tenais à les présenter car il est facile de passer à côté selon moi.
Voilà pour ce premier volet sur les wulong. Le prochain sera consacré aux Wuyi yancha (thés de rochers.)
À bientôt !
mardi 27 avril 2010
Différents Cha Xi

Je continue mes essais de dégustation en utilisant un Cha Xi. Je travaille sur les maladresses et les doutes rencontrés la première fois. C'est une discipline de longue haleine qui me demandera beaucoup de temps et d'application, mais fortement plaisante. Il faut être organisé et concentré. Et faire simple.
Voici quelques clichés de mes trois essais récents. La recherche autour du Cha Xi est uniquement esthétique. Si la réalisation est amusante, la dégustation est un vrai plaisir : gestes lents, application, écoute de ses sens, réflexions nouvelles.
Tout cela au service du thé, du plaisir.
Session II : Gong Xiang en zhong :




Session III : Chen Sheng (Lao Banzhang) en Yu Zhu :




Session IV : Beauté Académique en Yang Wen Ji :

À bientôt.





















