Affichage des articles dont le libellé est 2012. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2012. Afficher tous les articles

mardi 10 septembre 2013

Quick Review (17) : Quatre Oolong taiwanais (Tea Urchin)






Partagé hier sur le Forum des Amateurs de Thé, voici un bref compte-rendu de dégustation d'un pack de 4 x 25 grammes de Oolong taïwanais proposés par Tea Urchin. Qui a dit qu'Eugène n'était doué que pour dénicher du bon puerh ? Ce pack démontre qu'il a aussi le nez fin pour les Oolong, et pas que les taïwanais d'ailleurs, mais nous y reviendrons peut-être ultérieurement. 

Ici on a le droit à quatre cultivars distincts, combinant des niveaux d'oxydation et de torréfaction différents. Les trois premiers sont de 2012, et le dernier de 2005.








On commence par ce Da Yu Ling, très vert, nature, mais cette variété n'a pas besoin de grand chose pour briller. C'est très minéral, extrêmement plaisant à tous les niveaux. Superbes longueur et évolution en bouche. Le thé d'été parfait.








Ensuite, on a droit à un Ali Shan, un poil plus oxydé que le thé précédent. Cela apporte une rondeur supplémentaire, un aspect sucré qui se mêle harmonieusement à la fraicheur et à la verdure des feuilles. Un thé très agréable, très accessible et savoureux.








Vient ensuite ce Fo Shou Shan, légèrement torréfié. J'adore ce genre de rendu, légèrement fruité et sucré. Une vraie friandise. La jeunesse des feuilles refait surface petit à petit, et on s'aperçoit que c'est bon du début à la fin. Magnifique travail que ce thé proche des "Hong Shi Oolong" que j'ai pu gouter auparavant. Très subtil.








Enfin, le Li Shan 2005 est surement celui qui m'a le plus impressionné. Plus torréfié que les autres, vieillissement oblige, mais ce n'est pas ici pour cacher un thé de mauvaise qualité. Pas facile de trouver un défaut à ce thé. Je retiendrai surtout des sensations de gorge comme je les aime et une longueur sublime, du genre qui vous accompagne pendant des heures et des heures. Le clou du spectacle, de ce quatuor.








Voici donc pour ce petit pack de Oolong que je recommande, déjà parce qu'il est ingénieusement constitué, et puis parce que chaque thé a une belle histoire à raconter.

Tea Urchin est un revendeur qui va prendre de plus en plus en place chez moi je pense. Je ne lui ai pas acheté de galette cette année contrairement à l'année dernière, mais j'ai goûté à tous ses puerh 2013, et il y a vraiment de quoi faire avec certains thés offrant un bon rapport qualité/prix, malgré des provenances prestigieuses et chères. Un un coup de chapeau aux emballages magnifiques de cette boutique.










À bientôt, ici ou sur le Forum des Amateurs de Thé !

mercredi 8 mai 2013

Quick Review (16) : Master Lin's Song Zhong Huang Zhi Xiang 2011 (Postcard Teas)






Que faire avec 10g de Phoenix Dan Cong ? Deux sessions à 5g ? Une à 7 grammes et une à 3 grammes dans un plus petit zhong ? Et pourquoi pas une session à 10 grammes ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Moi oui, tout le temps. D'habitude, j'opte pour la division, le 7+3 grammes. Mais pas aujourd'hui.








Ce "parfum de branche jaune" (宋种黄枝香) est un véritable Dan Cong (= arbre unique) fait à la main par Master Lin à partir de feuilles d'un arbre tricentenaire poussant à 1150 mètres d'altitude sur le Mont Wu Dong. En avril 2011, il a produit moins de 5 kilos de feuilles (info tirées du site de Postcard Teas).








Les feuilles aux reflets foncés sont visiblement assez oxydées (contrairement à Akira, Tim ne conserve aucun de ses thés sous vide, par choix). Mais leurs parfums révèlent quelque chose de frais, fruité plus que fleuri, avec de la banane, de la poire, des agrumes, du miel, et quelques céréales également.








Je me prépare à une session longue, fort de ce dosage assez fort, mais proche de ce qui est pratiqué par les habitants de Phoenix d'après ce qu'on m'a rapporté.

Dans le zhong chaud, les arômes sont très pâtissiers. Une fois rincées, les feuilles dégagent comme toujours une minéralité et une fraîcheur splendides. C'est très fruité.








Avec ce dosage, je vais rester en infusion flash pendant un moment.

Un jus de fruit. Une belle limpidité en bouche et une évolution quasi immédiate en poire, avec des notes de cassonade et d'autres choses qui pour le moment m'échappent. De superbes sensations de gorge. Une pointe d'astringence, mais qui ne me dérange pas. Extraordinaire.

Au fur et à mesure des infusions, la liqueur gagne en rondeur, c'est une véritable sucrerie dont la longueur est superbe. 








Je ne vais pas épiloguer très longtemps. Ce thé m'a rempli de joie. Il est à mi-chemin entre la fraîcheur d'un Dan Cong vert et le fruité d'un Dan Cong plus oxydé. Un joli mélange des plus appréciables et qui change. Encore un grand thé de Master Lin, et il le peut, car on tourne tout de même autour des 15€ les 10 grammes.




Le kit de survie. Si je ne devais n'avoir qu'un seul outil pour mes thés, ce serait bien ce zhong...




Je n'ai pas regretté ce dosage. Il s'est fallu un nombre assez incroyable de tasses avant que le thé ne me force à rallonger un peu les temps d'infusion. Puis, un peu par curiosité je dois l'avouer, j'ai transféré les feuilles dans ma Ba Le.








J'aime cette terre, et même si le résultat en porcelaine est plus fidèle, c'est un plaisir de l'utiliser et par la même de tirer encore plus d'infusions qu'en zhong.

Il aura fallu trois jours pour que j'abandonne les feuilles. Je suis content que ma théière fétiche ait été nourrie des essences de ce thé dont je me souviendrai un moment.

À bientôt !


jeudi 25 avril 2013

Quick Review (15) : Jin Luo (Hojotea)






Occasion spéciale ce week-end, du coup j'ai envie d'un thé "d'exception" pour marquer le coup. Alors, que choisir ? Un zhong rempli à ras bord de feuilles d'un superbe dan cong ? Des fruits intenses et suaves pour une session qui semble ne jamais finir ? Pourquoi pas. Je vais aller jeter un coup d'oeil vers l'endroit où je garde mes perles... Et finalement, voilà ce que je ramène. Un thé chaudement conseillé par Akira lors de ma dernière commande. Un thé rouge. J'ai bien compris dans ses messages qu'il voulait absolument que je le goûte, et j'imagine qu'il y a une raison à cela. C'est lui pour ainsi dire qui m'a initié aux grands crus de thés rouges, moi qui croyais longtemps que c'était un oxymore. Au travers de petits échantillons glissés ça et là, de conseils prodigués, il me permet de mieux connaitre cette famille et, en l'occurrence, les choses à ne pas manquer.

Également, Philippe, pourtant d'un naturel assez bavard, a fait un billet très sobre sur ce thé il y a peu, et j'avoue que ça a un peu attiré mon attention...

Jin Luo ce sera donc. J'avoue que je ne savais même pas à quoi ressemblait ce thé avant de l'ouvrir...








Visiblement, c'est du haut de gamme. Énormément de bourgeons, aucune brisure, des feuilles magnifiques ! Leur bouquet est complexe : petit fumé style Lapsong, de la tomate cuite, du miel, et des fleurs. Impressions amplifiées dans le zhong chaud, avec le pôle sucré qui ressort.




le duvet des bourgeons flotte à la surface...




Je fais ma première infusion avec une eau un tout petit peu au dessous du point d'ébullition afin de ne pas choquer les bourgeons. Verse lente sur les bords du gaiwan.




verse lors de la 2ème infusion...




Les feuilles se déploient très rapidement, ce qui est d'après Akira un critère de qualité. Je me souviens du Tian Chi Li Shan Cha dégusté en Malaisie : un rinçage flash et les perles étaient déjà presque ouvertes.





feuilles après une seule infusion de 30 secondes...




Du muscat. Voilà ce qui ressort de manière prédominante des arômes des feuilles. C'est très très beau. Sucré et fleuri. Une lointaine pointe exotique. La liqueur s'évapore en atteignant la gorge, semblant la dilater. C'est ça l'aftertaste dont parle Akira. Ici, il est palpable. Les saveurs sont magnifiques : le fumé ressort surtout en fin de bouche, aidé par une très légère astringence. Le sucre arrondit la liqueur. Les fleurs s'installent au niveau de la gorge pour y rester. J'en suis à ma première tasse, mais je peux déjà annoncer la couleur : ce thé doit se situer dans le top ten de mes plus belles rencontres toutes catégories confondues. Et quelle longueur...








La première infusion a du durer 30 secondes, la seconde fut un poil plus courte. Je me base surtout à la couleur car je n'ai que très peu d'expérience avec les thés rouges. La très bonne qualité des thés de cette famille que je bois me permet de gagner en souplesse à mon avis au niveau des paramètres. Mais si je ne me basais qu'aux parfums s'échappant du zhong, j'infuserai beaucoup plus court, trop court j'en ai peur...








Dans cette deuxième tasse, je note un petit aspect chocolaté que je n'avais peut-être pas remarqué avant. Plus fruité aussi (prune ?). Pas tannique pour un sou comme les mauvais thés rouges. Néanmoins, la mâche est un peu plus légère. Je pousserai d'avantage la suite pour récupérer une texture plus ample. Mais cela attendra un bon moment, le temps que le léger fumé de ce thé accompagné de sucre ne disparaisse...

Infusion suivante. C'est bien mieux quand plus poussé. Plus rond, plus épais, et les saveurs sont toujours très équilibrées, sans sensation tannique désagréable.








La session dura un certain nombre d'infusions, je ne sais honnêtement plus combien, une demie douzaine à mon avis, avant que les feuilles ne soient transférées dans ma jolie Shui Ping en Hong Ni de la Yixing Factory #1. J'aime nourrir mes terres ainsi, surtout celles qui ont tendance à dormir un peu. Je leur offre du thé, les dernières infusions longues, les eaux de rinçage, etc, tout est bon pour leur éviter un trop long sommeil.








Voilà pour cette fois-ci. À bientôt !






jeudi 28 mars 2013

Quick Review (13) : Master Xu's Rou Gui 2012 (Postcard Teas)






Les Rou Gui de Master Xu compte parmi mes yancha préférés. Je suis très content à l'idée de goûter cette version 2012. Un yancha, c'est souvent mieux après quelques années. Mais quand la torréfaction est littéralement faite de mains de maître, c'est un énorme plaisir à boire quel que soit l'âge...








Ces feuilles proviennent de théiers poussant sur la même falaise que les six arbres mères Da Hong Pao : Jiu Long Ke (Nine Dragon Nest).




Postcard Teas ©




L'aspect extérieur des feuilles est parfait. Pas une brisure, de magnifiques torsades marrons.

L'odeur va au-delà de la simple torréfaction, avec un pôle fruité sous la première couche de notes de cacao, noisettes...




Nouveau chahai assorti... Depuis le temps que je le désirais celui-là...




Paramètres 7 grammes de feuilles, pour 3-4 passes en gaiwan avant de les transvaser dans ma Ba Le. Dans le zhong chaud, ce sont de magnifiques effluves chocolatées qui me montent aux narines. Une fois, rincées, le tableau se complète d'une forte minéralité, de notes fruitées (poire) et fleuries (rose). Petite pointe d'amande également. Su-per-be !








Première passe assez courte, donc légère, très minérale, avec une montée en puissance du fruit au bout de quelques instants. Les notes pyrogénées ne sont pas ultra présentes, loin de là. Les sensations de gorge sont excellentes. L'énergie de ce thé est remarquable. Sa longueur se concentre pour le moment sur le cacao avec une finale sucrée qui tire sur la vanille et le caramel. C'est très gourmand.








La Ba Le n'a pas un rendu extrêmement différent du zhong et c'est pour ça que je l'aime tant : elle ne perturbe pas l'équilibre du thé. Mais elle va me permettre de puiser bien plus ce qu'il y a dans ces feuilles. Plus longtemps, plus chaud. Et puis, il y a ce confort, cette sérénité lorsqu'on emploie un objet qu'on admire et respecte tant.









Petit à petit, les infusions s'enchaînent. La liqueur, soyeuse à souhait, s'installe sur des saveurs de vanille et d'eau de rose. Quelques notes d'agrumes (mandarine).









Cette belle dégustation s'est achevée après un bon nombre d'infusions, je dirais une quinzaine au bas mot. La Ba Le a bien fait son job et a extrait la substantifique moelle de ces feuilles jusqu'à la lie. Une magnifique dégustation qui aura duré 3 jours.









Assurément, ce Rou Gui 2012 est un grand cru, tel que l'a été par exemple le 2009 dans mes souvenirs. Sûrement un très bon potentiel de garde.


À bientôt !







mardi 5 mars 2013

Coups de Coeur 2012 (2) : Da Xue Shan 2010 (Hojo Tea)






Voici le deuxième thé que j'ai sélectionné parmi mes coups de coeur de l'année 2012. J'en ajouterai bien un troisième si j'ai le temps. Il y a tellement de thés dont j'aimerais parler en ce moment... Il s'agit d'un puerh sauvage. Ça ne signifie pas qu'il soit ancien, juste qu'il n'est normalement pas cultivé par la main de l'homme. Avec la permission d'Akira, voici une illustration tirée de la page qui parle de ce thé.








À gauche, un théier domestiqué, qui ressemble l'un de nos arbres fruitiers. À droite, un arbre sauvage, comme un arbre typique de forêt. Ici, il est visiblement vieux, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut confondre les deux !

Mais revenons à notre thé. Un puerh sauvage donc. Pour ceux qui ne connaissent pas, ça change beaucoup du puerh sheng classique. D'apparence plus foncé, on trouve parfois des feuilles plus claires dans le mélange, dont la couleur varie du jaune au rouge, nommées Huang Pian. Ce sont soit de vieilles feuilles qui sont ramassées lors de la récolte afin d'encourager la pousse de jeunes bourgeons, soit la troisième feuille du quatuor "bourgeon + 3 feuilles" qui jaunit au cours du sha qing. 

Toujours est-il qu'elles sont la plupart du temps triées, et souvent récupérées et pressées sous forme de brique. Mises à bouillir, ces feuilles livrent une liqueur assez douce. Mais au prix de certains maocha, elles sont parfois laissées... La brique de Huang Pian coûte dans les 5 RMB/kg, le prix d'un maocha de gu shu (vieil arbre) peut atteindre 500 RMB/kg, je vous laisse faire le calcul...

Ici, il y en a. Je ne crie pas au scandale,  car il me semble que ça se fait avec ce genre de puerh sauvage. Je vous laisse consulter cette article de Sébastien (et ses commentaires) sur une galette de Terre de Chine.








Très différent donc d'un jeune sheng de la même année. Les parfums sont boisés et fruités, avec une pointe de fumé et de réglisse. Il y a aussi un aspect herbacé. Quant au fruité, il est assez complexe, j'ai du mal à le cerner avec précision pour le moment.








J'ai prélevé 8-9 grammes de feuilles qui vont d'abord atterrir dans mon zhong préféré avant de poursuivre dans ma superbe théière Shui Ping en zini d'Essence of Tea qui, comme nous allons le voir, se marie particulièrement bien avec ce thé (et pas uniquement).








Dans le zhong chaud, j'ai droit à une jolie alliance de fruits, de bois et de cuir. Rincées, on se retrouve plus sur un terrain connu, avec des notes végétales, une pointe de fumé. Le bouquet dans son ensemble est très sucré et frais. Je retrouve enfin sous le couvercle du zhong, puis ensuite dans les feuilles en elles-mêmes cette petite note si addictive qui fait à mes yeux l'intérêt principal des puerh sauvages et particulièrement de ce thé très équilibré, sans pour autant parvenir à la décrire avec précision. C'est assurément fruité, rappellant certains agrumes, également exotique à n'en point douter, mais marié à une composante boisée, fumée et herbacée. 








Je ne vais pas vous mentir, les premières fois, ça peut être très surprenant ! Mais un peu comme le durian, ce qui semble parfois assez difficile lors de la première rencontre, peut devenir très addictif par la suite. Comme le dit l'adage bien connu : "y a que les imbéciles qui changent pas d'avis !" Addictif, voici un mot qui correspond bien à ma relation avec ce thé.








J'ai tendance à laisser infuser ce puerh un peu plus longtemps que la moyenne. Il ne produit pas d'amertume et le rendu est rond et sucré. Le système respiratoire est immédiatement envahi d'une sensation de fraîcheur. En bouche restent pendant des lustres des sensations fruitées, melon, raisin, agrumes. Il y a le fumé aussi, qui peut-être en dérangera certains, pas moi en tout cas.









Néanmoins, c'est aussi un peu à ça que va servir ma petite shui ping en zini. Sa terre souple de qualité va lisser admirablement les jeunes sheng pour leur conférer une texture suave, atténuant le rendu immédiat, mais conférant une longueur supplémentaire. Non que ce thé en ait particulièrement besoin, sa longueur étant déjà extra, mais elle gommera de plus un peu le fumé de ce thé, tout comme elle gommerait la torréfaction d'un oolong, ou arrondirait les angles d'un puerh cuit ou d'un vieux puerh cru.








Je la consacre aux jeunes sheng, souvent dosés plus que généreusement. Cette théière n'est pas précieuse à mes yeux comme une vieille yixing, mais justement, c'est pour ça que je l'aime tant. C'est une baroudeuse qui m'accompagne parfois à l'extérieur, sur un coin d'évier, etc. Elle n'est pas d'une finesse extrême, mais elle est toujours performante. Et je ne l'économiste pas. Bref, le courant passe bien entre elle et moi, vous l'aurez compris.








Pour terminer avec ce thé, il vous accompagnera très longtemps tant sa longueur est incroyable. Les infusions se succéderont sans que vous y prêtiez attention, et le plaisir accompagnera chaque tasse. C'est du moins mon cas. 


À bientôt !