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mardi 5 mars 2013

Coups de Coeur 2012 (2) : Da Xue Shan 2010 (Hojo Tea)






Voici le deuxième thé que j'ai sélectionné parmi mes coups de coeur de l'année 2012. J'en ajouterai bien un troisième si j'ai le temps. Il y a tellement de thés dont j'aimerais parler en ce moment... Il s'agit d'un puerh sauvage. Ça ne signifie pas qu'il soit ancien, juste qu'il n'est normalement pas cultivé par la main de l'homme. Avec la permission d'Akira, voici une illustration tirée de la page qui parle de ce thé.








À gauche, un théier domestiqué, qui ressemble l'un de nos arbres fruitiers. À droite, un arbre sauvage, comme un arbre typique de forêt. Ici, il est visiblement vieux, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut confondre les deux !

Mais revenons à notre thé. Un puerh sauvage donc. Pour ceux qui ne connaissent pas, ça change beaucoup du puerh sheng classique. D'apparence plus foncé, on trouve parfois des feuilles plus claires dans le mélange, dont la couleur varie du jaune au rouge, nommées Huang Pian. Ce sont soit de vieilles feuilles qui sont ramassées lors de la récolte afin d'encourager la pousse de jeunes bourgeons, soit la troisième feuille du quatuor "bourgeon + 3 feuilles" qui jaunit au cours du sha qing

Toujours est-il qu'elles sont la plupart du temps triées, et souvent récupérées et pressées sous forme de brique. Mises à bouillir, ces feuilles livrent une liqueur assez douce. Mais au prix de certains maocha, elles sont parfois laissées... La brique de Huang Pian coûte dans les 5 RMB/kg, le prix d'un maocha de gu shu (vieil arbre) peut atteindre 500 RMB/kg, je vous laisse faire le calcul...

Ici, il y en a. Je ne crie pas au scandale,  car il me semble que ça se fait avec ce genre de puerh sauvage. Je vous laisse consulter cette article de Sébastien (et ses commentaires) sur une galette de Terre de Chine.








Très différent donc d'un jeune sheng de la même année. Les parfums sont boisés et fruités, avec une pointe de fumé et de réglisse. Il y a aussi un aspect herbacé. Quant au fruité, il est assez complexe, j'ai du mal à le cerner avec précision pour le moment.








J'ai prélevé 8-9 grammes de feuilles qui vont d'abord atterrir dans mon zhong préféré avant de poursuivre dans ma superbe théière Shui Ping en zini d'Essence of Tea qui, comme nous allons le voir, se marie particulièrement bien avec ce thé (et pas uniquement).








Dans le zhong chaud, j'ai droit à une jolie alliance de fruits, de bois et de cuir. Rincées, on se retrouve plus sur un terrain connu, avec des notes végétales, une pointe de fumé. Le bouquet dans son ensemble est très sucré et frais. Je retrouve enfin sous le couvercle du zhong, puis ensuite dans les feuilles en elles-mêmes cette petite note si addictive qui fait à mes yeux l'intérêt principal des puerh sauvages et particulièrement de ce thé très équilibré, sans pour autant parvenir à la décrire avec précision. C'est assurément fruité, rappellant certains agrumes, également exotique à n'en point douter, mais marié à une composante boisée, fumée et herbacée. 








Je ne vais pas vous mentir, les premières fois, ça peut être très surprenant ! Mais un peu comme le durian, ce qui semble parfois assez difficile lors de la première rencontre, peut devenir très addictif par la suite. Comme le dit l'adage bien connu : "y a que les imbéciles qui changent pas d'avis !" Addictif, voici un mot qui correspond bien à ma relation avec ce thé.








J'ai tendance à laisser infuser ce puerh un peu plus longtemps que la moyenne. Il ne produit pas d'amertume et le rendu est rond et sucré. Le système respiratoire est immédiatement envahi d'une sensation de fraîcheur. En bouche restent pendant des lustres des sensations fruitées, melon, raisin, agrumes. Il y a le fumé aussi, qui peut-être en dérangera certains, pas moi en tout cas.









Néanmoins, c'est aussi un peu à ça que va servir ma petite shui ping en zini. Sa terre souple de qualité va lisser admirablement les jeunes sheng pour leur conférer une texture suave, atténuant le rendu immédiat, mais conférant une longueur supplémentaire. Non que ce thé en ait particulièrement besoin, sa longueur étant déjà extra, mais elle gommera de plus un peu le fumé de ce thé, tout comme elle gommerait la torréfaction d'un oolong, ou arrondirait les angles d'un puerh cuit ou d'un vieux puerh cru.








Je la consacre aux jeunes sheng, souvent dosés plus que généreusement. Cette théière n'est pas précieuse à mes yeux comme une vieille yixing, mais justement, c'est pour ça que je l'aime tant. C'est une baroudeuse qui m'accompagne parfois à l'extérieur, sur un coin d'évier, etc. Elle n'est pas d'une finesse extrême, mais elle est toujours performante. Et je ne l'économiste pas. Bref, le courant passe bien entre elle et moi, vous l'aurez compris.








Pour terminer avec ce thé, il vous accompagnera très longtemps tant sa longueur est incroyable. Les infusions se succéderont sans que vous y prêtiez attention, et le plaisir accompagnera chaque tasse. C'est du moins mon cas. 


À bientôt !


jeudi 7 février 2013

Coups de Coeur 2012 (1) : Bai Ying Shan 2012 (Hojotea)






Petite rubrique pour essayer de sélectionner les thés que j'ai le plus appréciés en 2012. Et j'aimerais commencer cette courte série par celui-ci car il m'a fortement impressionné. Parmi la sélection de puerh 2012 d'Akira, soient sept thés, trois m'ont vraiment interpellés. Le premier fut le Bai Ying Shan 2008, le même que celui dont je vais vous parler à présent, avec quatre années de plus. Le dernier est le Da Xue Shan Wild Raw Puerh, dont je vous parlerai prochainement.





Cette version 2012 est l'archétype même du jeune puerh que j'aime. Il y a deux ans, il y avait eu la Mengku d'Akira qui m'avait bien plu, l'année dernière, c'était le Lao Hei Zhai, un cran au-dessus, et cette année ce thé. Je parle pour le moment du gustatif pur, du plaisir du goût, de l'émotif, pas du reste. Ces trois thés ont en commun un aspect fruité typique du Lin Cang oserais-je dire, du moins de l'idée que je m'en fais. On a à la fois des agrumes dans tous les sens (pamplemousse, yuzu) alliés à des notes exotiques. Le tout prend le pas sur le pôle légumes verts/tabac que je remarque d'habitude sur les puerh de l'année. Je ne suis pas spécialiste pour décrire les notes florales, mais il y aurait à mon avis matière à discuter.





J'aime ce genre de profil gustatif. Il me réjouit dès que j'ouvre un sachet, et j'ai du mal à boire autre chose quand je décolle un (gros) morceau de ma galette avant de la remettre sous vide. Tous les autres puerh me semblent alors inférieurs. Du coup, ma galette est bien entamée, dangereusement même.








Mais parlons un peu de la qualité de ces feuilles, car ce n'est pas parce que j'aime son profil qu'il est de qualité. L'année dernière, pour continuer sur la sélection d'Akira, le Lao Hei Zhai était mon chouchou, mais de qualité inférieure au Bing Dao par exemple. Cette année, je n'ai pas ce genre de problème : tout dans ce thé me parait plus que correct, de l'odeur des feuilles sèches, aux arômes des tasses, en passant par l'équilibre général du thé, sa douceur, sa loooongueur et ses notes finales sucrées et hespéridées (=agrumes), sa légère amertume, son empreinte sur mon corps. Je rencontre rarement des thés auxquels j'ai envie d'attribuer une note presque parfaite, mais là, selon mes critères personnels, on s'en rapproche. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de défaut, mais ils me plaisent. Je pense que la qualité des feuilles est au-dessus de la version 2008, ce qui, après enquête, semble s'expliquer par le fait qu'il y ait eu moins de pluies en 2012 qu'en 2008. Le théier a donc poussé plus lentement, dans des situations plus dégradées qui vont produire des feuilles plus concentrées en matières minérales. 





Je n'en achèterai pas un tong pour autant, pas trop mon style, mais je m'en mettrais bien une ou deux galettes de côté, une pour boire, et une pour la postérité, comme j'ai fait avec la Bing Dao l'année dernière, l'évolution de cette dernière (sous vide) étant d'ailleurs assez épatante, mais ce n'est pas le sujet. Akira m'a enfin affirmé qu'il pourrait avoir d'une année sur l'autre ce thé avec une qualité similaire, en plus d'autres surprises le connaissant. Aussi je préfère ne pas acheter un puerh particulier en trop grande quantité, mais plutôt une ou deux galettes de puerh différents, en espérant me retrouver dans quelques années avec un grand choix, plutôt qu'avec quelques tongs de galettes identiques. Ce genre de quantité me décourage plus qu'autre chose. Un stock limité rend un thé un peu plus spécial. On fait attention, surveille son stock, chérit chaque dégustation, ce qui n'est pas le cas quand on en a beaucoup. 





Voilà pour cette présentation dithyrambique. Ce thé est l'un de mes coups de coeur de l'année 2012. Il y en a eu un certain nombre, mais si je devais par exemple en choisir trois, celui-ci ne serait pas loin si ce n'est sur la plus haute marche du podium.








Je ne ferai pas de compte-rendu de dégustation pour ne pas allonger cet article, et puis parce que ce thé est trop beau pour être disséqué.












Je vous présenterai une prochaine fois le Da Xue Shan Wild Raw Puerh qui occupe dans ma tête la même place de choix. Deux thés qui me rendent tout simplement heureux.








































À bientôt !