Le 1er Janvier, un ami m'a montré un "jeu" très intéressant. Il s'agit du
Nez du Vin, un coffret, ici dans sa taille maximale, composé de 50 petites fioles, chacune d'entre elles renfermant un parfum des notes les plus rencontrées dans le vin.

Évidemment, un petit amateur de thé en herbe comme moi a trouvé ceci très intéressant. On s'est mis à une petite dizaine autour de la table à se passer les fioles numérotées une par une, à émettre chacun son tour notre avis et à vérifier à la fin qui avait raison, et ce jusqu'à saturation de nos odorats respectifs (une dizaine de fioles.)
Ce que je retiens de cette petite séance est assez incroyable. Déjà, le discernement des parfums est un exercice difficile. Dans le thé, c'est encore plus ardu car on cherche en général à comparer les parfums et les arômes à des choses connues. Mais en fait, c'est du thé et ça ne fait que
ressembler à d'autres choses. Personnellement, je ne m'amuse pas à chercher ce genre de ressemblance, sauf quand ça me saute au nez.
Ici, ce sont véritablement des essences de fleurs, fruits, etc qui sont utilisées. La frustration est donc encore plus grande.
Mais ce qui nous a tous frappé a été l'influence des avis des autres personnes. L'exemple le plus frappant a été une fois où la première personne à déboucher la fiole a dit rapidement : "Pas de doute, ça sent le cachou Lajaunie à plein nez, c'est du réglisse !" On s'est alors tous passé l'échantillon en acquiesçant sans broncher, tous persuadés qu'il s'agissait bien de ça. Et bien non ! C'était de la noix ! Et quand nous avons tous ressenti les uns après les autres, eh bien adieu le cachou c'était de la noix à plein nez. Plus aucun doute !

On s'est donc aperçu rapidement que quand quelqu'un disait quelque chose avant qu'on se soit fait sa propre opinion, il était extrêmement dur d'en faire fi et d'être totalement objectif, même en se forçant. C'est un peu comme quand on cherche une chanson mais qu'on en a une autre dans la tête et que ça crée un blocage. En tout cas, même si c'est assez facile à imaginer, c'est assez impressionnant à vivre comme expérience.
J'y pense car je lis des fois sur les commentaires de tel ou tel blog : "ah oui tiens, maintenant que tu le dis, je n'avais jamais remarqué cette touche de XX." Sans vouloir me la jouer présentateur de la quatrième dimension, je ne peux que m'interroger, un sourcil relevé : "Y avait-il réellement une telle touche dans ce thé ?"

Et là, en extrapolant, je pense au syndrome du thé qui semble bon chez le marchand, quand il est à côté, à nous en vanter les mérites, mais qui force un air dubitatif quand on le regoûte chez soi, même si on ne (se) l'avoue pas.
Enfin, je m'interroge sur l'influence de quelqu'un qui lirait/entendrait que tel produit est bon/pas bon et de l'impact que cela peut avoir, même en partie, sur ses propres perceptions...
Comme
le disait lionel, se mettre à nu face à un thé... un sacerdoce noble, mais un exercice ô combien difficile...
A bientôt.
PS : J'ai mis la photo de l'affiche du film
The Taste of Tea, film japonais complètement déjanté qui n'a rien à voir avec le thé, mais que je vous conseille néanmoins vivement !!
PPS : Nouveau teablog : http://lazythe.blogspot.com/ Ce n'est que le début mais j'aime beaucoup le style.
Et encore un autre découvert ce soir : http://levideetleplein.blogspot.com/ Après l'arrêt de pas mal de teablogs ces derniers mois, en voir fleurir tant de nouveaux est une véritable joie.